ANNICK MAËLLE
- Dossier de Presse –
La démarche de Aimés Des [Aimés]
Tel qu’elle y est attachée, Annick Maëlle nous propose un titre à deux entrées possibles.
Les collages, photographies et vidéos d’Annick MAËLLE nous amènent à revisiter notre inconscient et ce qui y vibre à l’évocation « sonore » de Aimés - Des [Aimés] ou « Aimer – Désaimer ».
C’est ainsi qu’au fil de sa réinterprétation visuelle de l’effervescence amoureuse elle nous conduit à réveiller nos souvenirs doux ou « doux-loureux » à l’évocation des différents paliers, stades de l’amour.
La fragmentation des images et leur reconstitution s’apparentent à un long périple en terre toujours improbable, inconnue.
Le choix monochrome dans la plupart des cas accentue la distanciation nécessaire à la venue des émotions quelles qu’elles soient.
Les formes proposées invitent à rompre tradition et s’ouvrir à toute interprétation personnelle émotionnelle, mémorielle ou instinctuelle.
Les vidéos font appel – en champ clos – à l’interprétation personnelle sur un simple concordat « Pouvez-vous parler de l’Amour pendant trois minutes ? »
La démarche de l’artiste fait appel ici à la « frustration » générée par une impossibilité à évaluer le temps de parole mais aussi à la fin inéluctable du temps imparti. Notion de fracture, de fractionnement encore à l’œuvre même si « l’objet » du désir, du plaisir, de l’amour est absent de la scène.
En plus des différentes œuvres, les vidéos feront l’objet d’une vente de DVD numérotés.
Pensées de Annick MAËLLE :
« Chaque démarche, travail créatif est une avancée vers la Lumière, une
survivance. »
« De la clarté des sentiments dépend la vérité des images. »
« Il y a un tel écart entre regarder, voir et donner à voir qu’aucun mot ne peut combler. L’espoir est toujours d’être rejointe au centre d’une sensation, mais la démarche est avant tout existentielle. Fabriquer une image – je dis bien image et non photographie, la photographie étant un moyen de faire des images – est incarner la représentation symbolique d’un possible .»
« Impossible de vivre sans fabriquer d’images, c’est comme si l’on me demandait de ne plus respirer ! »
« Toute période de création se vit comme un isolement. Quelle place peut-on laisser à ce qui se trouve en dehors du cercle, dans une démarche par essence concentrée ? »
« Qu’offrir de mieux que ce petit soi qui nous habite ? »
« A quoi sert la création artistique si ce n’est aller à la rencontre de soi et des autres. Il y a toujours une espérance de « fusion » dans ce que l’on créé. »
Critiques :
« … les photographies d’Annick MAËLLE n’ont rien d’un itinéraire philologique où chaque plan cautionnerait la relation édulcorée d’une vie antérieure. Elles sont un essai d’histoire permanente, une manière de à ceux, nombreux, qui ne savent pas voir des géométries complexes et inconnues qui s’entrecroisent poétiquement dans des formes que l’on croit naturelles parce qu’elles sont belles et s’inscrivent dans l’espace comme un simple geste de la main … Ici, pas de grandiloquence.
Une image simple et vraie, noire et blanche, et grise, et beige, et cendre et aile …
Images parlantes et secrètes dont la rigueur ordonnée émeut plus qu’elle ne décrit… »
Florence Mothe – Écrivain
« Le grain.
Un même mot pour désigner la sensualité d’une peau, l’aspect d’une pierre, le caractère d’une photographie.
Voir et toucher.
Mais aussi sentir et ressentir les frôlements de l’air ou des battements de pluie, ou des ressacs d’océan.
Annick Maëlle fige ces moments fragiles en opposant souvent le minéral et la vie, en laissant s’affronter des rencontres improbables, mises en scène avec ce qu’il faut de désir pour faire frémir l’image.
Les corps y sont libres dans des gangues de grès ou de calcaire et leurs ombres tremblent au gré d’une lumière d’aube.
Comme un monde qui se crée, hésite, se replie, s’étire, se transforme, se dilue pour se lover enfin dans notre imaginaire.
Et ne plus le quitter. »
Michel PIERRE – Historien, écrivain, Attaché culturel.
« L’itinéraire photographique d’Annick MAËLLE nous ramène sans cesse à la génèse de la matière et à sa densité. Le minéral s’allie le plus souvent à l’humain, au corps, nous surprenant par une cristallisation qui s’impose au travers d’images abstraites et sensuelles dont le grain appelle le toucher. Épithalame saisissant qui rythme le volume, le mouvement, la profondeur et la légèreté.»
Parcours et lieux :
Le parcours proposé par Annick MAËLLE s’énonce selon le mode d’un cheminement à travers une expression à la fois poétique, sensuelle et [a]temporelle du monde vivant et des cycles de la nature.
Le lieu devient le théâtre de multiples scènes placées sous les signes d’Apollon et de Dionysos ; le monde chtonien semble en effet converser avec le divin (racines et arbres divinisés) et la contingence est surprise dans une caresse faite à l’éternité.
Ce lieu est ouvert et voit se déployer la nature : une forêt saisie dans ses
imperceptibles mouvements lors d’une journée.
Installations :
L’image du réel se démultiplie sur des supports différents : les photographies, installations et vidéos confrontent les protagonistes du règne vivant attachés à des temps, cycles et rythmes différents.
Cette mise en perspective tisse un réseau de correspondances entre ces temps autonomes. L’ensemble s’ordonne, se confond et s’unifie en une subtile alchimie.
Platon et l’anamnèse :
Cette représentation suggèrerait la Comedia dell’Arte actualisée si elle ne se prolongeait par un questionnement sur l’image et sa vocation, ambiguë, de révéler ou d’occulter la vérité.
Annick MAËLLE évoque alors peut-être ces vérités enchâssées dans une gangue opaque. Son travail ne laisse plus qu’une mince pellicule sur une vérité possible, un voile que vous aurez soin de lever au prix de quelques efforts : il s’agira dès lors d’élire ou se détourner des images, de les révéler et se laisser révéler par elles en les confrontant à votre vérité. Car si l’Ame a déjà contemplé le monde des idées, c’est au fond de soi qu’il faut en chercher la réminiscence.
Jean-Christian LAGORCE
Annick MAËLLE
Expositions Photographiques :
Travaux personnels :
« Bord’Elle » 1993
« Nus et Nature » 1994
« Bernard Damiano, peintre et sculpteur » 1995
« L’Antiquité du vin » 1995
« Le corps dans tous ses états » 2001
« La transformation » 2003
Expositions personnelles :
« Les Portes du Luc » 1995
Le Luc en Provence (83)
« La Pierre » 1996
Sainte Foy la Grande (33)
« Seuils et Passages » 1997
Fréjus (83)
« La Chine » 1998
CIC Gradignan (33)
« La Pierre et la Peau » 1998
Bordeaux (33)
« Intemporelle Fréjus » 2000
Fréjus (83)
« Bordeaux Grands Chantiers» 2005
Caisse des dépôts et consignations Bordeaux (33)
Expositions collectives :
« Foot’Art » 1998
Bordeaux (33)
« Matières » 1999
Kyoto (Japon)
« No(s) Limit(es) 2005
Maï Mano – Maison Européenne de la Photographie
Budapest (Hongrie)
Institut Français Budapest (Hongrie)